"Je vais conclure, je vous dis !"

Publié le par Charles Jude

« Et il te reste quoi à tourner ? » « Deux scènes dimanche et c’est fini ? » « Ah ouais, déjà ? » Déjà ? Ils en ont de bonnes les gens. Oui, les tournages de Jude touchent à leur fin. Quelque part, cela fait un peu bizarre. Le 9 novembre, on tourne à la fois l’une des scènes manquantes de l’Episode I et la dernière scène de l’épisode VII. Le hasard du calendrier et des décalages de planning offrent parfois de jolis symboles…

Encore deux scènes à écrire, à préparer et à filmer dans la foulée. Celle de l’épisode I est calée, déjà tapée, manque juste un lifting. Mais la scène finale. C’est elle qui laisse la dernière impression, celle qui emporte votre jugement à la fin d’un film. Ce qu’il faut montrer n’est jamais facile. Le syndrome du « Ah ouais, ça finit comme ça ? »  a déjà touché au moins une fois tout bon spectateur.

Dans les making-of de grands films, la séquence concernant les dernières images est souvent l’une des plus longues. Il révèle que les choix du réalisateur l’ont été aussi… Certains n’hésitent pas à prendre le total contre-pied, volontairement, parfois sérieusement, parfois non (Sacré-Graal, Lost Hightway), d’autres finissent sur Le morceau d’émotion qui emporte tout (Cyrano, Matrix, Les Incorruptibles) et d’autres encore préfèrent le « catimini », l’histoire n’est pas encore finie (Blade runner, La Couleur de l’argent, Les 400 coups)…

Voilà quatre fois que la scène de Jude est réécrite (pas imaginée, réécrite…). L’envie de lorgner sur les « grandes fins » est assez forte. Avez-vous vu Butch Cassidy et le Kid ? Un final parfait. Les héros, mortellement blessés, finissent dans un assaut final, l’arme à la main. Ils n’ont aucune chance et sont perdus. Au lieu de nous les montrer morts, criblés de balles, le réalisateur fixe ces deux hors-la-loi sur un ultime arrêt sur image d’une classe terrible. Lorsqu’on rallume la lumière, une fois le générique terminé, cette dernière image nous reste en tête. Impossible de s’en défaire. Ça, c’est une fin réussie.

Il ne faut ni faire trop long (malgré l’envie qu’on en a), ni faire une fin pour une fin, l’autre danger. Tout en prenant garde à ce que cette dernière scène fasse une dernière fois avancer l’histoire. Le cinéma, c’est l’art de ne jamais faire de surplace…

Enfin, bon, demain soir, de toute façon, il faudra bien qu’elle soit écrite. Ne serait-ce que le temps de préparer les plans et que les comédiens apprennent leurs derniers textes !

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N.W. 07/11/2008 12:35

ça va bien se passer ! Bon WE CAN !